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Patrimoine - Chapelle N-D aux Cailloux

La chapelle « à Cailloux » est située à la limite des territoires de Ath – ville et de Meslin l’Evêque, à une courte distance du bois du Renard. La dévotion envers Notre-Dame à cet endroit naquit au début du XVIIe siècle, vers 1610, car « en ce temps fut découverte une image miraculeuse de la Sainte-Vierge Marie par un berger de la cense du Manage, qui l’ayant trouvée plusieurs fois sur un chêne, assez près de la dite cense se retrouvait le lendemain au matin sur le dit chêne ».

Vue chapelle de face

Le mouvement de piété prend rapidement de l’ampleur si bien qu’une chapelle est érigée à l’endroit de la découverte « les uns apportant des briques et autres matériaux, les autres des cailloux en abondance » ce qui explique le vocable curieux de « Notre-Dame aux Cailloux ». La Vierge y a fait des miracles « pour les dérompus marchans à quatre pieds » qui furent entièrement guéris ; on la sert aussi pour les fièvres et autres accidents. L’autel de la chapelle est consacré le 1er août 1617 par l‘archevêque de Cambrai, dont dépendait la paroisse de Meslin. La chapelle fut parfois l’objet de différends entre les propriétaires du terrain, le curé de l’endroit et les administrateurs des biens d’église. A cause des ravages de la guerre, la statue miraculeuse fut placée « en lieu sûr »  au couvent des Récollets à Ath, mais elle était revenue en sa chapelle en juillet 1699, et le livre d’annonces dominicales précise que Maître Noël Radoux, curé-doyen de Meslin, y a chanté la messe le 13 février 1700, l’archevêque de Cambrai étant alors Monseigneur François de Salignac de la Mothe Fénelon.

La paroisse de Meslin passe au diocèse de Tournai en 1803 et la chapelle est reconnue comme Oratoire Public. En 1927–28, la chapelle vieille de 300 ans, fort délabrée, est remplacée par celle que nous connaissons actuellement.

Un moment d’émoi parcourut la population meslinoise quand la statue de la Vierge fut volée ! Heureusement elle fut retrouvée dans un fossé, non loin, et son manteau également le long de la grand route. Elle fut solennellement reconduite à sa chapelle lors d’une grande procession réparatrice ; malheureusement une conséquence désastreuse de ce vol veut que le bois de la statue ait été percé de part en part afin de la boulonner solidement dans le mur de la chapelle !

En 1944 une souscription des paroissiens permet l’offrande de nouvelles couronnes à la Vierge et à l’Enfant.

En 1957, au cours de travaux d’aménagement, un nouvel autel est acheté à l’abbaye de Maredsous. C’est dans ces années 1960-70 que le curé de Meslin Eugène Lison composa l’hymne en l’honneur de Notre-Dame aux Cailloux.

En 1976 l’Administration communale assure la réfection du chemin d’accès à la chapelle et son environnement immédiat.

Puis, la véritable épidémie de vol d’objets anciens, religieux ou profanes, a obligé les responsables à mettre l’authentique et vénérable statue à l’abri en lieu sûr et à la remplacer par une belle copie que l’on a conduite en procession à la chapelle, en passant par les champs, et qui fut bénite par Monsieur le Curé Jean Coppens.

La dévotion envers Notre-Dame aux Cailloux s’est perpétuée à travers les siècles et reste chère au cœur de nombreux Meslinois et voisins, le temps fort en étant la neuvaine annuelle qui commence traditionnellement le mardi de Pentecôte, et plus spécialement le dimanche au cours de cette neuvaine. Mais évidemment la circulation sur la chaussée de Bruxelles est devenue si importante qu’il n’est plus possible d’organiser les processions telles qu’on les a connues autrefois, accompagnées par la fanfare L’Union.

Récemment encore, il s’est trouvé des « sponsors » MM. Jean Plissart, Georges Pierquin et Mr le Curé Coppens, qui ont offert de nouveaux vitraux à la chapelle : saint Pierre, sainte Thérèse de Lisieux, sainte Catherine ; un artiste y a placé un chemin de croix de sa composition.    

Régulièrement encore des pèlerins se rendent à la chapelle pour y prier Notre Dame aux Cailloux, notamment quand un accident ou une maladie frappe l’un d’entre eux ; neuf personnes y vont ensemble, et continuent chez elles la neuvaine.

Gestes de piété supplémentaires : un petit groupe de pèlerins emmène la statue miraculeuse à la procession en l’honneur de Notre-Dame d’Acren, le premier dimanche de mai à Deux Acren, ainsi qu’à Baudour le troisième dimanche de septembre, lors de la procession en l’honneur de Notre-Dame de Pitié.

Et tout simplement aller voir Notre-Dame en sa chapelle reste un but de promenade bien agréable en été…. en passant par les champs.